DOMINICAN-REPUBLIC
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Golf en République dominicaine : parcours tropicaux façonnés par les alizés, l’héritage sucrier et l’architecture internationale
Le golf en République dominicaine s’est construit selon une trajectoire singulière dans les Caraïbes, davantage liée au développement touristique moderne qu’à un héritage colonial sportif ancien.
Les premiers parcours apparaissent véritablement à partir des années 1970, sur d’anciennes plantations de canne à sucre ou sur des zones côtières encore vierges, à une période où l’État et les investisseurs privés cherchent à positionner le pays comme une destination haut de gamme.
Cette genèse explique pourquoi le golf dominicain est longtemps resté associé aux complexes hôteliers plutôt qu’aux clubs urbains traditionnels, tout en bénéficiant très tôt du savoir-faire de grands architectes internationaux.
L’ouverture de Teeth of the Dog à La Romana marque une étape fondatrice, en introduisant une esthétique brute où la roche corallienne affleure et où le vent marin devient un paramètre stratégique central, rompant avec les parcours tropicaux plus verdoyants et fermés de la région.
Progressivement, le golf s’est structuré autour de plusieurs zones aux identités bien distinctes.
La Romana demeure un pôle historique, avec des parcours installés sur des sols calcaires peu profonds, offrant des surfaces fermes et rapides, et des vues constantes sur la mer des Caraïbes.
Punta Cana incarne une vision plus contemporaine, caractérisée par de vastes domaines touristiques intégrant plusieurs parcours, des plans d’eau artificiels et des trous en bord d’océan soumis aux alizés, créant une variété de conditions de jeu sur des superficies dépassant souvent 60 hectares par site.
La région de Saint-Domingue joue un rôle différent, en proposant des parcours plus accessibles aux résidents, souvent plus plats et plus techniques, favorisant la formation et les compétitions locales.
Au nord, vers Puerto Plata, le golf reste plus confidentiel mais s’oriente vers des projets à faible densité, où le relief, la proximité des montagnes et l’océan Atlantique composent un cadre naturel distinct.
Les parcours emblématiques structurent la notoriété internationale du pays.
Teeth of the Dog, œuvre de Pete Dye, se distingue par ses greens ciselés dans la roche, ses départs exposés au vent et son dialogue permanent avec la mer, ayant accueilli des tournois professionnels qui ont ancré la République dominicaine sur la carte du golf mondial.
Dye Fore, situé en hauteur au-dessus du río Chavón, offre un contraste saisissant avec ses dénivelés marqués et ses panoramas spectaculaires.
Punta Espada, dessiné par Jack Nicklaus, privilégie des couloirs de jeu larges mais stratégiques, avec des attaques de greens souvent conditionnées par la brise marine, et a servi de cadre à des compétitions internationales seniors.
Corales, signé Tom Fazio, s’est imposé plus récemment grâce à son final le long des falaises et à l’accueil d’un tournoi professionnel régulier depuis la fin des années 2010, renforçant sa visibilité après 2020.
Playa Grande, au nord, propose une approche plus ample, avec de longues distances mesurées en mètres, des fairways ouverts et une influence atlantique plus marquée.
Le développement des joueurs locaux progresse lentement mais de manière structurée, avec des académies soutenues par les resorts, des programmes juniors intégrés aux écoles et un effort accru de la fédération pour organiser des compétitions nationales.
Si peu de joueurs dominicains évoluent au plus haut niveau international, plusieurs se distinguent sur les circuits régionaux, bénéficiant désormais d’infrastructures d’entraînement modernes.
L’attrait touristique du golf dominicain repose sur des séjours clés en main, particulièrement prisés entre décembre et avril, période où le climat est plus sec, et sur la proximité d’activités culturelles comme la zone coloniale de Saint-Domingue ou les espaces naturels protégés.
Depuis 2020, la durabilité est devenue un enjeu central, avec l’utilisation d’eaux recyclées pour l’arrosage, l’installation de panneaux solaires sur les pavillons principaux, la réduction des intrants chimiques et la protection de la faune locale, notamment dans les zones de mangrove.
Les perspectives futures privilégient la rénovation, l’adaptation climatique et des projets plus respectueux de l’environnement, avec une croissance mesurée visant à consolider la réputation du pays comme destination golfique tropicale responsable plutôt que comme simple destination de masse..